L’augmentation de la TVA sur les campings touche précisément les plus démunis.
Lundi matin, le gouvernement fédéral a conclu un accord budgétaire. Il a notamment été décidé d’augmenter le taux de TVA pour les campings, le faisant passer de 6 % à 12 %. Pour nos membres, propriétaires de caravanes résidentielles et de chalets qui louent un emplacement à l’année, cette mesure a des conséquences importantes et tangibles.
Un double impact :
La TVA est prélevée sur l’ensemble du forfait que les campeurs paient chaque année, c’est-à-dire sur les frais d’emplacement, la consommation d’eau, l’électricité, l’accès à Internet, le parking, le tarif pour les chiens, les frais administratifs, les taxes et redevances communales. Tous ces postes sont désormais soumis à une TVA de 12 %. Pour de nombreuses familles, cela représente une facture annuelle de 3 000 à 4 000 euros, soit une augmentation totale d’environ 5,66 %. Cela représente rapidement 200 à 250 euros supplémentaires par an.
Séjourner sur un camping n’est pas un luxe
Nos membres ne sont pas des touristes de luxe. La plupart de nos campeurs permanents choisissent une caravane ou un chalet parce que c’est l’une des dernières formes de logement de loisirs abordables. L’image stéréotypée du riche propriétaire d’une résidence secondaire est tout simplement fausse.
Les pays voisins taxent beaucoup moins leurs campeurs.
Avec ce nouveau tarif, la Belgique se place au-dessus de ses pays voisins :
- – Pays-Bas : 9 % ;
- – France : 10 % ;
- – Allemagne : 0 % sur les emplacements à l’année (exonération), uniquement la consommation à 19 %.
Cette augmentation rend les campings belges plus chers et moins compétitifs que ceux situés juste de l’autre côté de la frontière.
Dans le même temps, le gouvernement augmente la taxe sur les vols de seulement 5 euros.
Il est remarquable que, dans le même accord budgétaire, il ait été décidé d’augmenter la taxe sur les voyages en avion de 5 à 10 euros.
Cette augmentation est de seulement 5 euros par billet d’avion, alors que les campeurs doivent faire face à des centaines d’euros supplémentaires sur leur facture annuelle.
Le message est clair : les vacances dans le pays sont fiscalement plus découragées que les vacances en avion à l’étranger.
Pour les familles aux moyens limités, c’est un signal pervers.
C’est une charge supplémentaire pour un groupe déjà vulnérable.
Cette mesure s’ajoute à la hausse des prix de l’énergie, à l’augmentation des taxes communales et à l’absence de protection claire pour les campeurs permanents. L’accessibilité financière des résidences secondaires est encore plus compromise.
De plus, ces familles se trouvent déjà dans une situation juridique très précaire en raison de l’absence de mesures gouvernementales adéquates contre les contrats de camping déséquilibrés (voir nos articles de blog sous la rubrique « campings »). Nous avons déjà soulevé ce problème auprès du ministre Rob Beenders, responsable de la protection des consommateurs, mais malheureusement sans résultat jusqu’à présent.
TWERES demande une concertation et des solutions socialement réalistes.
Nous appelons le gouvernement fédéral à :
- – communiquer clairement sur l’application concrète de la mesure ;
- – tenir compte de la vulnérabilité sociale des campeurs permanents ;
- – réfléchir à une politique fiscale équilibrée qui ne pénalise pas les loisirs nationaux.
Conclusion
TWERES continuera de suivre la situation et de défendre l’accès à des loisirs abordables. Nous estimons que les vacances abordables dans notre propre pays devraient être une priorité politique et non une victime supplémentaire des mesures fiscales pour résoudre le déficit budgétaire de l’Etat belge.

