L’augmentation de la TVA sur les campings touche prĂ©cisĂ©ment les plus dĂ©munis.

Lundi matin, le gouvernement fĂ©dĂ©ral a conclu un accord budgĂ©taire. Il a notamment Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© d’augmenter le taux de TVA pour les campings, le faisant passer de 6 % Ă  12 %. Pour nos membres, propriĂ©taires de caravanes rĂ©sidentielles et de chalets qui louent un emplacement Ă  l’annĂ©e, cette mesure a des consĂ©quences importantes et tangibles.

Un double impact :

La TVA est prĂ©levĂ©e sur l’ensemble du forfait que les campeurs paient chaque annĂ©e, c’est-Ă -dire sur les frais d’emplacement, la consommation d’eau, l’Ă©lectricitĂ©, l’accès Ă  Internet, le parking, le tarif pour les chiens, les frais administratifs, les taxes et redevances communales. Tous ces postes sont dĂ©sormais soumis Ă  une TVA de 12 %. Pour de nombreuses familles, cela reprĂ©sente une facture annuelle de 3 000 Ă  4 000 euros, soit une augmentation totale d’environ 5,66 %. Cela reprĂ©sente rapidement 200 Ă  250 euros supplĂ©mentaires par an.

Séjourner sur un camping n’est pas un luxe

Nos membres ne sont pas des touristes de luxe. La plupart de nos campeurs permanents choisissent une caravane ou un chalet parce que c’est l’une des dernières formes de logement de loisirs abordables. L’image stĂ©rĂ©otypĂ©e du riche propriĂ©taire d’une rĂ©sidence secondaire est tout simplement fausse.

Les pays voisins taxent beaucoup moins leurs campeurs.

Avec ce nouveau tarif, la Belgique se place au-dessus de ses pays voisins :

  • – Pays-Bas : 9 % ;
  • – France : 10 % ;
  • – Allemagne : 0 % sur les emplacements Ă  l’annĂ©e (exonĂ©ration), uniquement la consommation Ă  19 %.

Cette augmentation rend les campings belges plus chers et moins compĂ©titifs que ceux situĂ©s juste de l’autre cĂ´tĂ© de la frontière.

Dans le mĂŞme temps, le gouvernement augmente la taxe sur les vols de seulement 5 euros.

Il est remarquable que, dans le mĂŞme accord budgĂ©taire, il ait Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© d’augmenter la taxe sur les voyages en avion de 5 Ă  10 euros.

Cette augmentation est de seulement 5 euros par billet d’avion, alors que les campeurs doivent faire face Ă  des centaines d’euros supplĂ©mentaires sur leur facture annuelle.

Le message est clair : les vacances dans le pays sont fiscalement plus dĂ©couragĂ©es que les vacances en avion Ă  l’Ă©tranger.

Pour les familles aux moyens limitĂ©s, c’est un signal pervers.

C’est une charge supplĂ©mentaire pour un groupe dĂ©jĂ  vulnĂ©rable.

Cette mesure s’ajoute Ă  la hausse des prix de l’Ă©nergie, Ă  l’augmentation des taxes communales et Ă  l’absence de protection claire pour les campeurs permanents. L’accessibilitĂ© financière des rĂ©sidences secondaires est encore plus compromise.

De plus, ces familles se trouvent dĂ©jĂ  dans une situation juridique très prĂ©caire en raison de l’absence de mesures gouvernementales adĂ©quates contre les contrats de camping dĂ©sĂ©quilibrĂ©s (voir nos articles de blog sous la rubrique « campings »). Nous avons dĂ©jĂ  soulevĂ© ce problème auprès du ministre Rob Beenders, responsable de la protection des consommateurs, mais malheureusement sans rĂ©sultat jusqu’Ă  prĂ©sent.

TWERES demande une concertation et des solutions socialement réalistes.

Nous appelons le gouvernement fédéral à :

  • – communiquer clairement sur l’application concrète de la mesure ;
  • – tenir compte de la vulnĂ©rabilitĂ© sociale des campeurs permanents ;
  • – rĂ©flĂ©chir Ă  une politique fiscale Ă©quilibrĂ©e qui ne pĂ©nalise pas les loisirs nationaux.

Conclusion

TWERES continuera de suivre la situation et de dĂ©fendre l’accès Ă  des loisirs abordables. Nous estimons que les vacances abordables dans notre propre pays devraient ĂŞtre une prioritĂ© politique et non une victime supplĂ©mentaire des mesures fiscales  pour rĂ©soudre le dĂ©ficit  budgĂ©taire de l’Etat belge.

 

La lutte des propriĂ©taires de caravanes rĂ©sidentielles pour les droits des consommateurs dans les campings : une lueur d’espoir ?

Pour beaucoup, le camping est un lieu de dĂ©tente privilĂ©giĂ© oĂą ils peuvent s’Ă©vader du stress quotidien. Mais, comme nous avons pu le lire rĂ©cemment dans la presse, un groupe de rĂ©sidents d’un camping Ă  Wenduine a vu son week-end se transformer en cauchemar. Ils se sont soudainement retrouvĂ©s confrontĂ©s Ă  des bulldozers et Ă  la fermeture inattendue du camping. Ce qui aurait dĂ» ĂŞtre un moment de dĂ©tente et de plaisir s’est transformĂ© en une expĂ©rience frustrante et incomprĂ©hensible.

Des vacances abordables sous pression

Pour beaucoup de gens, une caravane rĂ©sidentielle dans un camping est un moyen idĂ©al de profiter de vacances abordables et rĂ©gulières pendant la saison estivale. Elle offre le sentiment d’ĂŞtre chez soi dans un endroit fixe et rapproche les familles. Mais la vie dans un camping n’est malheureusement pas toujours sans souci. Les propriĂ©taires de mobil-homes sont souvent confrontĂ©s Ă  des augmentations de prix inattendues, Ă  des règles plus strictes, Ă  des changements d’affectation soudains ou Ă  des fermetures imprĂ©vues.

Ces incertitudes sont aggravĂ©es par l’absence de rĂ©glementation claire. De nombreux consommateurs ignorent leurs droits et se retrouvent donc dans des situations vulnĂ©rables. L’incident survenu rĂ©cemment Ă  Wenduine n’est qu’un exemple parmi d’autres de ce qui peut mal tourner.

TWERES prend les devants.

Depuis des annĂ©es, TWERES se bat pour protĂ©ger les droits des propriĂ©taires de caravanes rĂ©sidentielles. L’organisation a maintes fois fait entendre sa voix dans divers forums, notamment lors de rĂ©unions et dans sa correspondance avec les dĂ©cideurs politiques. Dans des communiquĂ©s de presse, des blogs, des interviews, des campagnes mĂ©diatiques et des discussions avec des responsables politiques, TWERES a systĂ©matiquement dĂ©noncĂ© les abus et le manque de transparence dans ce secteur. L’Ă©mission « WinWin » de la VRT en janvier dernier, qui a consacrĂ© cette problĂ©matique comme « plainte de la semaine », a constituĂ© une avancĂ©e significative. Enfin, les mĂ©dias s’intĂ©ressaient rĂ©ellement Ă  la question.

Au printemps dernier, TWERES a donc envoyĂ© une lettre au ministre Rob Beenders, qui venait d’ĂŞtre nommĂ© co-responsable des affaires consumĂ©ristes au sein du gouvernement fĂ©dĂ©ral. Cette lettre avait pour but de signaler la nĂ©cessitĂ© d’un changement.

Bien qu’une rĂ©union ait Ă©tĂ© organisĂ©e avec le cabinet du ministre Ă  la suite de cette lettre, aucun rĂ©sultat concret n’a Ă©tĂ© obtenu. Lors de cette rĂ©union, TWERES a prĂ©sentĂ© un aperçu documentĂ© des pratiques opaques et arbitraires dont sont souvent victimes les propriĂ©taires de mobil-homes. Dans un premier temps, le cabinet a exprimĂ© des rĂ©ticences Ă  l’Ă©gard de l’introduction de règles contraignantes.

Mais la situation pourrait bien évoluer !

Heureusement, un revirement positif s’est rĂ©cemment produit. Un groupe de fonctionnaires du service d’inspection Ă©conomique du service public fĂ©dĂ©ral Économie a rĂ©agi aux plaintes rĂ©cemment envoyĂ©es et Ă  l’Ă©mission « WinWin ». Une rĂ©union a ainsi pu ĂŞtre organisĂ©e le 19 juin Ă  Bruxelles.

Au cours de cette réunion, TWERES a pu discuter des problèmes du secteur avec des représentants des exploitants de campings flamands et wallons. La discussion a été remarquablement ouverte et constructive. Pour la première fois, les représentants de TWERES ont véritablement été entendus. Les fonctionnaires concernés ont démontré leur expertise et leur sincère préoccupation face aux abus. Il semble y avoir un espoir que des mesures soient prises à court terme pour renforcer les droits des consommateurs dans ce secteur. Nous continuerons à suivre ce dossier.

Que propose TWERES pour contrer les abus manifestes de certains propriĂ©taires de camping Ă  l’Ă©gard de leurs rĂ©sidents ?

Comme nous l’avons Ă©crit dans de prĂ©cĂ©dents articles de blog publiĂ©s sur ce site, toute personne qui possède une caravane rĂ©sidentielle ou une maison de vacances dans un camping se trouve toujours dans une position de dĂ©pendance vis-Ă -vis du propriĂ©taire du camping. En effet, le propriĂ©taire du camping peut rĂ©silier le bail chaque annĂ©e, sans aucune justification. Bien qu’une caravane rĂ©sidentielle soit thĂ©oriquement dĂ©plaçable, il coĂ»te en pratique beaucoup d’argent et d’efforts. Une grue, un camion avec semi-remorque et guidage pour « transport exceptionnel » sont souvent nĂ©cessaires.  Les coĂ»ts peuvent atteindre six Ă  huit mille euros. En outre, il n’est pas Ă©vident de trouver un emplacement dans un autre camping Ă  brève Ă©chĂ©ance.

Par consĂ©quent, les rĂ©sidents du camping font gĂ©nĂ©ralement profil bas et acceptent docilement toute mesure qui leur est imposĂ©e par le propriĂ©taire du camping. En fait, ceux qui se montrent difficiles risquent de devoir retirer leur caravane du camping Ă  la fin de l’annĂ©e. Heureusement, les propriĂ©taires de camping ne profitent pas tous de la position de faiblesse de leurs rĂ©sidents. Cependant, il existe hĂ©las des campings oĂą cette position de dĂ©pendance est exploitĂ©e au maximum par le gestionnaire. Chaque semaine, TWERES reçoit des plaintes Ă  ce sujet.

Quels abus ?

De nombreuses plaintes portent sur des augmentations de prix arbitraires. En outre, les rĂ©sidents du camping sont parfois obligĂ©s de faire rĂ©aliser certains travaux, comme la construction d’une terrasse ou d’un abri, par le gestionnaire lui-mĂŞme, Ă  un prix qu’il impose unilatĂ©ralement. Dans certains campings, le propriĂ©taire d’une caravane rĂ©sidentielle n’a pas le droit de la vendre et de cĂ©der le bail sans payer une somme importante – gĂ©nĂ©ralement un pourcentage de 10 Ă  15 % du prix de vente –  au gestionnaire. Il arrive aussi que les rĂ©sidents du camping apprennent très tard dans la saison que leur mobil-home doit ĂŞtre retirĂ© du site Ă  court terme. Pour certaines familles qui y passent souvent leurs vacances depuis des gĂ©nĂ©rations, c’est très lourd Ă  porter.

NĂ©cessitĂ© d’une protection juridique

Pour lutter contre les risques d’abus, il est nĂ©cessaire d’amĂ©liorer la protection juridique des rĂ©sidents des terrains de camping. D’un point de vue juridique, ces rĂ©sidents relèvent de la loi sur la protection des consommateurs. La protection des consommateurs sert prĂ©cisĂ©ment Ă  compenser la relation contractuelle inĂ©gale entre les entreprises et les consommateurs en imposant des règles juridiques obligatoires. Le code de droit Ă©conomique permet Ă©galement au gouvernement d’imposer des contrats types pour certains secteurs afin de crĂ©er un meilleur Ă©quilibre entre les parties contractantes.

Contrairement Ă  la France, par exemple, aucune mesure n’a Ă©tĂ© prise par le gouvernement belge dans ce sens jusqu’Ă  prĂ©sent. Les habitants des campings victimes des abus citĂ©s sont donc laissĂ©s pour compte. Les institutions existantes, telles que le Service de mĂ©diation pour les consommateurs ou « ConsumerConnect », n’offrent aucun rĂ©confort en raison de l’absence de rĂ©glementation appropriĂ©e.

Pourquoi les règles existantes offrent-elles une protection insuffisante ?

Les règles existantes en matière de protection des consommateurs – par exemple sur les obligations d’information, les augmentations de prix, les pratiques commerciales loyales, les clauses abusives, etc. – ne rĂ©solvent pas le problème des abus existants. Ces règles prĂ©supposent que les consommateurs peuvent intenter une action en justice pour violation de ces règles afin que des mesures soient prises. Toutefois, le propriĂ©taire d’une caravane rĂ©sidentielle ou d’un chalet qui a louĂ© un emplacement et qui intente une action en justice pour infraction risque de voir rĂ©silier le contrat de camping Ă  la fin de la saison. En effet, le gestionnaire du camping peut dĂ©cider unilatĂ©ralement, sans donner de raisons, de ne pas renouveler le bail. La situation de dĂ©pendance dans laquelle se trouvent les rĂ©sidents du camping est en fait au cĹ“ur du problème. Pour y remĂ©dier, il faut intervenir dans la relation contractuelle entre les deux parties afin de parvenir Ă  un meilleur Ă©quilibre.

Contrats types selon l’exemple nĂ©erlandais

Selon TWERES, le gouvernement fĂ©dĂ©ral, en concertation avec les propriĂ©taires de campings et les rĂ©sidents, devrait Ă©laborer un contrat type. L’utilisation d’un contrat type peut ĂŞtre rendue obligatoire, mais elle peut aussi ĂŞtre encouragĂ©e en la liant Ă  la politique d’octroi de licences. En Belgique, cela nĂ©cessite une concertation avec les autoritĂ©s rĂ©gionales qui, comme le Commissariat gĂ©nĂ©ral du tourisme, sont compĂ©tentes en la matière.

Ce faisant, il convient de rechercher un bon Ă©quilibre entre les intĂ©rĂŞts des deux parties. On peut s’inspirer des « conditions RECRON pour les sites permanents » nĂ©erlandais. Voici quelques exemples de clauses figurant dans ce type de contrat :

  • Le gestionnaire du camping ne peut augmenter le prix de manière significative que s’il en donne les raisons et s’il a donnĂ© un prĂ©avis d’au moins dix-huit mois.
  • Une modification substantielle du règlement du camping doit ĂŞtre communiquĂ©e par le gestionnaire du camping au moins six mois avant la fin de l’annĂ©e contractuelle.
  • Dans le cas d’une vente privĂ©e d’une caravane rĂ©sidentielle, le gestionnaire du camping ne peut pas subordonner la conclusion d’un contrat de location de l’emplacement avec un acheteur de la caravane Ă  une compensation financière ou exiger que la vente ne puisse se faire que par sa mĂ©diation.
  • Très important : bien que les contrats soient conclus pour un an, le renouvellement est automatique et ne peut ĂŞtre refusĂ© par le gestionnaire du camping sans raison valable. Les motifs valables possibles sont Ă©numĂ©rĂ©s dans le contrat (par exemple, le non-respect, mĂŞme après avertissement Ă©crit, du règlement du camping ou le fait que la caravane ou le chalet « malgrĂ© un avertissement Ă©crit, est en si mauvais Ă©tat qu’il nuit Ă  l’aspect du site et de ses environs immĂ©diats »).
  • Le propriĂ©taire de la caravane rĂ©sidentielle a certains droits limitĂ©s  lorsque le gestionnaire du camping souhaite procĂ©der Ă  une restructuration (par exemple, des travaux de rĂ©novation). Dans la mesure du possible, l’exploitant du camping doit veiller Ă  ce que le vacancier ne soit pas gĂŞnĂ© dans ses loisirs par les travaux prĂ©paratoires effectuĂ©s avant le dĂ©but de la restructuration.
  • Si le contrat de location d’emplacement doit ĂŞtre rĂ©siliĂ© en raison de ces travaux, un dĂ©lai de prĂ©avis d’un an s’applique.
  • En cas de restructuration entraĂ®nant la rĂ©siliation du contrat par le gestionnaire du camping, ce dernier est tenu d’offrir au vacancier, si possible, un emplacement (au moins Ă©quivalent) sur le terrain, Ă  moins que la caravane ne soit plus adaptĂ©e au terrain en raison de son âge et/ou de son Ă©tat.
  • Si une place au moins Ă©quivalente n’est pas disponible sur le site, le propriĂ©taire de la caravane a droit Ă  une compensation pour les frais de rĂ©installation. Les frais de relogement de l’emplacement Ă  l’extĂ©rieur du camping sont Ă  la charge du propriĂ©taire du camping.
  • Autre point très important : les litiges entre les propriĂ©taires de camping et les propriĂ©taires de caravanes peuvent ĂŞtre soumis Ă  une commission mixte des litiges qui, outre RECRON, comprend Ă©galement l’ANWB et l’association des consommateurs. Les deux parties sont liĂ©es par les dĂ©cisions de la commission des litiges.

 

Les propriétaires de caravanes résidentielles dans les campings sont protégés par le droit de la consommation mais méritent une protection comme celle de la loi sur les baux à ferme.

Nous avons soulignĂ© Ă  plusieurs reprises ici la faiblesse de la position juridique des propriĂ©taires de caravanes rĂ©sidentielles ou de chalets vis-Ă -vis de l’exploitant de leur camping. Ceux qui veulent un emplacement saisonnier doivent souvent signer un contrat très dĂ©sĂ©quilibrĂ© en faveur de l’exploitant du camping. Ce contrat permet Ă  ce dernier de cesser de louer l’emplacement chaque annĂ©e, d’augmenter arbitrairement son prix, de dĂ©cider unilatĂ©ralement de la pĂ©riode de fermeture du camping, etc.

Étant donnĂ© que le propriĂ©taire du camping possède le terrain sur lequel se trouve la caravane ou le chalet, il peut plus ou moins faire ce qu’il veut. Ces dernières annĂ©es, de nombreux propriĂ©taires de caravanes ou de chalets sont soudainement confrontĂ©s Ă  la nouvelle que le terrain du camping est vendu Ă  une sociĂ©tĂ© d’investissement ou Ă  un agent immobilier et que les locataires des emplacements saisonniers doivent partir Ă  brève Ă©chĂ©ance. Cela crĂ©e des situations dramatiques qui, selon TWERES, sont totalement inacceptables. En effet, les locataires d’emplacements saisonniers mĂ©ritent d’ĂŞtre protĂ©gĂ©s pour l’investissement qu’ils ont fait dans leur caravane ou leur chalet. Cette protection devrait s’inspirer de celle dont bĂ©nĂ©ficient les fermiers en vertu de la lĂ©gislation sur les baux Ă  ferme.

Selon TWERES, certains contrats que les locataires d’emplacements saisonniers dans les campings en Belgique sont forcĂ©s de signer, violent dĂ©jĂ  aujourd’hui le Code de droit Ă©conomique (CDE). La raison en est que ces locataires d’emplacements peuvent invoquer les dispositions du droit de la consommation. Le droit de la consommation s’applique aux contrats conclus entre une entreprise et un consommateur. L’article I. 1, 2° du Code dĂ©finit le consommateur comme « toute personne physique qui agit Ă  des fins qui n’entrent pas dans le cadre de son activitĂ© commerciale, industrielle, artisanale ou libĂ©rale ».

Étant donnĂ© que la plupart des locataires d’emplacements pour caravanes rĂ©sidentielles ou chalets sont des personnes physiques (c’est-Ă -dire qu’ils concluent le contrat en tant que particuliers et non, par exemple, par l’intermĂ©diaire d’une sociĂ©tĂ©) et que la location de l’emplacement n’a rien Ă  voir avec leur activitĂ© professionnelle, ils sont donc des « consommateurs ». Ces consommateurs concluent un contrat avec une « entreprise ». En effet, la plupart des campings sont gĂ©rĂ©s par des entreprises ou par des indĂ©pendants pour lesquels il s’agit d’une activitĂ© professionnelle.

Le livre VI du Code de droit Ă©conomique interdit l’insertion de clauses illicites dans les contrats conclus entre les entreprises et les consommateurs. De telles clauses contractuelles sont nulles et non avenues. Le contrat lui-mĂŞme restera valide s’il peut continuer Ă  exister sans ces clauses.

Une clause illicite est une clause ou une condition contractuelle qui, seule ou en combinaison avec d’autres clauses, crĂ©e un dĂ©sĂ©quilibre manifeste au dĂ©triment du consommateur (Art. I.8.22°CDE). Certaines clauses sont automatiquement considĂ©rĂ©es comme illicites par la loi, comme par exemple : « donner Ă  la sociĂ©tĂ© le droit de modifier unilatĂ©ralement le prix, les caractĂ©ristiques ou les conditions du contrat sans aucune raison valable » (voir Art. VI.91/5, 1° CDE).

Comme les locataires d’un emplacement dans un camping sont protĂ©gĂ©s par le droit de la consommation, ils peuvent adresser leurs plaintes au point de contact du Service public fĂ©dĂ©ral (SPF) Économie (https://pointdecontact.belgique.be) . Ils peuvent Ă©galement faire appel au Service de MĂ©diation pour le Consommateur (https://mediationconsommateur.be/fr).

Toutefois, de nombreux propriĂ©taires de caravanes rĂ©sidentielles hĂ©siteront Ă  dĂ©poser une plainte contre l’exploitant de leur camping. Ils risquent de perdre leur emplacement pour la saison suivante et acceptent donc gĂ©nĂ©ralement toute mesure prise par l’exploitant du camping, mĂŞme s’ils en sont très mĂ©contents.

La seule façon d’ĂŞtre plus fort est de s’unir au sein d’un groupe de pression qui peut Ĺ“uvrer pour une meilleure protection juridique des propriĂ©taires de caravanes ou de chalets dans les parcs de vacances ou les campings. TWERES est une association créée, entre autres, dans ce but. Elle regroupe tous les propriĂ©taires de rĂ©sidences secondaires, qu’il s’agisse d’une villa, d’un appartement ou d’une caravane sur un terrain de camping. On peut devenir membre de TWERES par le biais de ce site web (https://tweres.be/fr/devenir-membre).

Sur le statut juridique des caravanes résidentielles sur les terrains de camping belges

Le statut juridique des caravanes résidentielles installées sur des terrains de campings en Belgique est assez compliqué, même pour les juristes chevronnés,

Tout d’abord, il y a longtemps eu une incertitude quant Ă  savoir si une caravane rĂ©sidentielle est un bien meuble ou un bien immeuble. Les biens mobiliers sont, en principe, des biens que l’on peut facilement dĂ©placer, comme une voiture, un camping-car, une tente ou une caravane mobile tirĂ©e par une voiture. Les biens immeubles sont, par exemple, des bâtiments ou des terrains ou d’autres choses qui sont liĂ©s de façon permanente au sol d’une manière ou d’une autre. Il peut Ă©galement s’agir de biens immeubles « par destination », tels qu’une chaudière dans le garage ou des panneaux solaires sur le toit. Un panneau solaire peut ĂŞtre dĂ©vissĂ© et dĂ©placĂ©, mais il est en dĂ©finitive « destiné » Ă  rester sur le toit. Il est donc considĂ©rĂ© comme faisant partie de la maison sur laquelle il est installĂ© et donc « immeuble par destination ».

Les caravanes rĂ©sidentielles qui sont posĂ©es sur un sol en bĂ©ton et raccordĂ©es aux rĂ©seaux d’Ă©lectricitĂ©, d’eau et d’Ă©gouts, et autour desquelles une terrasse est souvent construite, sont actuellement considĂ©rĂ©es par la jurisprudence belge comme des biens immeubles par nature, au mĂŞme titre qu’un bâtiment. Des litiges Ă  ce sujet ont Ă©tĂ© portĂ©s devant les tribunaux par des propriĂ©taires de campings dans le cadre de l’impĂ´t foncier. En fin de compte, les tribunaux ont dĂ©cidĂ© qu’un site sur lequel sont installĂ©es des caravanes rĂ©sidentielles est considĂ©rĂ© comme une propriĂ©tĂ© bâtie. (Voir l’arrĂŞt de la cour d’appel de Gand, onzième chambre, du 16 mars 2000). Quiconque est propriĂ©taire d’un terrain avec une caravane rĂ©sidentielle doit donc tenir compte du fait que le revenu cadastral est calculĂ© sur la base des deux.

Cependant, la plupart des caravanes rĂ©sidentielles sont situĂ©es sur un terrain appartenant Ă  quelqu’un d’autre, par exemple, un exploitant de camping. Le propriĂ©taire du terrain n’est donc pas le mĂŞme que le propriĂ©taire des biens immobiliers qui s’y trouvent. Dans notre système juridique, cela s’appelle « droit de superficie ». La loi dĂ©finit ce concept comme suit : « Le droit de superficie est un droit rĂ©el qui constitue d’avoir des bâtiments, ouvrages ou plantations en tout ou partie, sur, au-dessus ou en-dessous du fonds d’autrui. »

Le fait que le propriĂ©taire d’une caravane rĂ©sidentielle ait un droit de superficie est important car il s’agit d’une exception Ă  la règle gĂ©nĂ©rale d’accession. Cette règle de notre Code civil stipule que celui qui est propriĂ©taire du terrain, sauf exception, est Ă©galement propriĂ©taire de ce qui s’y trouve. Toutefois, dans le cas d’une caravane rĂ©sidentielle qui n’appartient pas Ă  l’exploitant du camping, on suppose que le droit d’accession a Ă©tĂ© abandonnĂ©. Le propriĂ©taire du camping ne paie donc pas de taxe foncière sur les caravanes rĂ©sidentielles qui se trouvent sur son site, mais dont il est certain qu’il n’en est pas le propriĂ©taire.

Le propriĂ©taire d’une caravane rĂ©sidentielle installĂ©e sur un terrain dont il n’est pas lui-mĂŞme le propriĂ©taire doit-il alors payer lui-mĂŞme la taxe foncière? Heureusement, ce n’est pas le cas. Une caravane rĂ©sidentielle n’est pas soumise Ă  la taxe foncière sĂ©parĂ©ment du terrain sur lequel elle se trouve.

Si le propriĂ©taire d’une caravane rĂ©sidentielle la fait placer sur le terrain d’un exploitant de camping, c’est-Ă -dire sur le terrain d’une autre personne, un accord est conclu entre les deux parties. Ă€ cette fin, les propriĂ©taires de camping proposent un contrat de location d’un emplacement. C’est prĂ©cisĂ©ment lĂ  que le bât blesse. Ce contrat est conclu pour une annĂ©e seulement et, selon la majoritĂ© des contrats qui nous ont Ă©tĂ© communiquĂ©s, il peut ĂŞtre rĂ©siliĂ© par le propriĂ©taire du camping Ă  la fin de chaque annĂ©e, sans aucune justification. En pratique, ces contrats placent le propriĂ©taire de la caravane rĂ©sidentielle dans une position de dĂ©pendance totale vis-Ă -vis du propriĂ©taire du camping. Ce dernier peut faire absolument tout ce qu’il veut: augmenter drastiquement le prix au bout d’un an, modifier substantiellement le règlement du camping, dĂ©cider que la caravane doit ĂŞtre dĂ©placĂ©e Ă  un autre endroit du camping, modifier drastiquement les abords de la caravane en supprimant des arbres ou des haies, exiger une commission importante lorsqu’une caravane est vendue Ă  quelqu’un d’autre par son propriĂ©taire, refuser de mettre un accord par Ă©crit, n’accepter que des paiements en espèces, exiger que seuls les matĂ©riaux fournis par le gestionnaire du camping soient utilisĂ©s pour les clĂ´tures, les terrasses, etc. Ă  un prix fixĂ© de manière alĂ©atoire; exiger que les caravanes d’un certain âge soient retirĂ©es du site aux frais de leur propriĂ©taire, exiger un paiement supplĂ©mentaire pour les badges d’accès, les clĂ©s et toutes sortes d’autres articles nĂ©cessaires Ă  l’accès et l’utilisation de la caravane, etc.

Il est clair que ces contrats annuels, dont le renouvellement peut ĂŞtre refusĂ© par le propriĂ©taire du camping sans aucune justification, ne sont pas adaptĂ©s Ă  la rĂ©alitĂ© des caravanes rĂ©sidentielles d’aujourd’hui. Ils reposent sur l’hypothèse erronĂ©e selon laquelle les caravanes rĂ©sidentielles peuvent ĂŞtre dĂ©placĂ©es facilement et sans grands frais. Or, ce n’est pratiquement jamais le cas. C’est pourquoi nous avons besoin de contrats types plus Ă©quilibrĂ©s, qui seraient soit acceptĂ©s volontairement comme la norme par les associations de propriĂ©taires de camping, soit imposĂ©s par le lĂ©gislateur. TWERES veut rassembler les propriĂ©taires de caravanes rĂ©sidentielles dans les campings belges et travailler Ă  cet objectif. Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons faire bouger les choses.

Une lueur d’espoir pour la situation juridique des propriĂ©taires d’une caravane rĂ©sidentielle?

Les rĂ©sidents secondaires qui louent un emplacement pour leur caravane rĂ©sidentielle dans camping belge sont souvent impuissants face aux mesures arbitraires prises par l’exploitant du camping. Après tout, les contrats signĂ©s avec cet exploitant peuvent ĂŞtre rĂ©siliĂ©s chaque annĂ©e sans raison. Les rĂ©sidents secondaires qui ne sont pas satisfaits ont pour seule option de vendre leur caravane rĂ©sidentielle ou de dĂ©mĂ©nager ailleurs. Toutefois, cette dernière solution est très coĂ»teuse et gĂ©nĂ©ralement dĂ©savantageuse pour le propriĂ©taire de la caravane.

Dans notre système juridique belge, un exploitant de camping est libre de louer un emplacement Ă  qui il veut. Or, depuis un arrĂŞt de la Cour de cassation, il apparaĂ®t que cette libertĂ© de conclure un contrat avec qui l’on veut n’est pas illimitĂ©e. Selon la Cour suprĂŞme, il ne faut pas abuser de cette libertĂ©. Cette dĂ©cision en cassation est intervenue après une longue procĂ©dure entamĂ©e en 2015 entre le camping Calypso et un couple acheteur d’une caravane rĂ©sidentielle sur le parc de Calypso Ă  Ostende.

Le camping Calypso, comme la plupart des campings, loue des emplacements pour une durĂ©e d’un an. En 2015, il a louĂ© l’emplacement numĂ©ro 23 Ă  Tomco. Tomco Ă©tait le propriĂ©taire de la caravane rĂ©sidentielle sur ce terrain. DĂ©but aoĂ»t 2015, Tomco a vendu la caravane, qui se trouvait sur l’emplacement 23, Ă  un couple pour une somme de 45.000 euros. Quelques jours après cette vente, Tomco a reçu une facture de Camping Calypso. Ce dernier a rĂ©clamĂ© une commission sur la vente de la caravane rĂ©sidentielle.

Tomco a protestĂ© contre cette facture, estimant qu’une telle commission n’avait jamais Ă©tĂ© convenue. En consĂ©quence, le Camping Calypso a dĂ©cidĂ© de rĂ©silier le bail Ă  la fin du mois d’aoĂ»t 2015 et de demander l’expulsion de l’emplacement au plus tard le 31 dĂ©cembre 2015.

Entre-temps, le couple avait dĂ©jĂ  occupĂ© leur nouvelle caravane. Quelques mois plus tard, ils ont notifiĂ© par courrier au Camping Calypso qu’ils Ă©taient les nouveaux propriĂ©taires de la caravane sur l’emplacement 23 et qu’ils paieraient le loyer pour l’annĂ©e 2016. Le camping Calypso les a alors informĂ©s que le contrat de location en cours prendrait fin le 31 dĂ©cembre 2015 et qu’il n’Ă©tait pas disposĂ© Ă  louer l’emplacement au couple pour 2016.

Le couple a toutefois continuĂ© Ă  utiliser le terrain jusqu’en 2016. En consĂ©quence, le Camping Calypso a sommĂ© le couple de libĂ©rer l’emplacement 23 devant le juge de paix du canton d’Ostende. Le juge de paix a condamnĂ© le couple Ă  payer une indemnitĂ© d’occupation et a rejetĂ© leur demande reconventionnelle selon laquelle le Camping Calypso avait abusĂ© de sa libertĂ© contractuelle en refusant de leur louer l’emplacement 23.

En appel, le tribunal de première instance de Flandre occidentale (section de Bruges) a jugé que le Camping Calypso avait refusé à tort de contracter avec le couple et a condamné Calypso à verser au couple 7 000 euros de dommages et intérêts.

Le camping Calypso s’est pourvu en cassation contre cet arrĂŞt. Dans son arrĂŞt du 27 avril 2020, la Cour de cassation a dĂ©cidĂ© que le pourvoi en cassation ne pouvait ĂŞtre acceptĂ©. La Cour a jugĂ© que la Cour d’appel pouvait Ă  juste titre dĂ©cider qu’il y avait eu un abus de contrat. Selon la Cour de cassation, la Cour d’appel a dĂ©cidĂ© Ă  juste titre que le refus de contrat Ă©tait disproportionnĂ© au dĂ©triment du couple qui, de ce fait, a finalement dĂ» vendre sa caravane Ă  perte. Par consĂ©quent, dans la situation donnĂ©e, il y a eu un « abus de droit ».

La conclusion de cette histoire est qu’un exploitant de camping a la libertĂ© de louer un emplacement Ă  qui il le souhaite ou de mettre fin Ă  un contrat annuel pour un emplacement. Toutefois, il ne peut pas abuser de cette libertĂ© contractuelle. Afin de dĂ©terminer s’il y a abus, on met en balance l’avantage pour l’exploitant et le dĂ©savantage pour le locataire de l’emplacement. C’est une petite lueur d’espoir dans la position d’impuissance totale vis-Ă -vis des exploitants de campings.

En fin de compte, le couple a dû vendre à perte sa nouvelle caravane pour laquelle il avait payé la somme considérable de 45.000 euros. Après cinq ans de procédure, il a reçu une indemnisation de 7000 euros. La portée du point lumineux reste donc assez limitée.

Les contrats des campings belges placent les propriétaires de caravanes résidentielles dans une situation de non-droit

Les Pays-Bas sont actuellement très prĂ©occupĂ©s par le fait que de grandes entreprises s’emparent de terrains de camping pour y construire des maisons de vacances luxueuses et donc coĂ»teuses. Les propriĂ©taires de caravanes rĂ©sidentielles qui sont sur le camping depuis des dĂ©cennies sont priĂ©s de dĂ©gager. Voir, par exemple : (en NĂ©erlandais) https://www.heemsteedsecourant.nl/lokaal/recreatie/752531/sandevoerde-familiecamping-moet-na-70-jaar-wijken

Aux Pays-Bas, les propriétaires de maisons mobiles se trouvent donc, eux aussi, dans une position juridique faible lorsque cela leur arrive. En général, cependant, les propriétaires de caravanes aux Pays-Bas bénéficient de contrats bien plus avantageux que ceux qui concernent un emplacement dans un camping belge.

En effet, l’association des propriĂ©taires de campings nĂ©erlandais, RECRON, ainsi que l’ANWB (comparable Ă  Touring ou VAB en Belgique) et l’association des consommateurs, ont convenu un contrat type. Ce contrat type est appliquĂ© par les membres de RECRON.

Si l’on compare le contrat type de RECRON avec les contrats types qui ont Ă©tĂ© Ă©laborĂ©s en Belgique par RECREAD et d’autres, on constate que les propriĂ©taires de caravanes rĂ©sidentielles sur les terrains de camping belges sont privĂ©s de presque tous leurs droits. Les clauses des contrats types belges permettent mĂŞme aux propriĂ©taires de camping d’augmenter le prix ou de ne pas prolonger le contrat annuel sans aucune justification. Lorsqu’une caravane est vendue Ă  titre privĂ© entre propriĂ©taires, les exploitants de campings peuvent exiger un pourcentage du prix de vente, mĂŞme s’ils ne jouent aucun rĂ´le dans la vente. Ils peuvent modifier le règlement du camping ou effectuer des travaux sur le camping comme ils l’entendent. Celui qui n’en est pas satisfait n’a que la possibilitĂ© de vendre sa caravane ou de la dĂ©placer ailleurs.

Les « conditions RECRON » néerlandaises sont certainement plus favorables aux propriétaires de caravanes résidentielles sur ces points. Quelques exemples :

  • L’exploitant du camping ne peut augmenter sensiblement le prix que s’il le motive et s’il l’a annoncĂ© au moins dix-huit mois Ă  l’avance.
  • Une modification substantielle du règlement du camping doit ĂŞtre communiquĂ©e par l’exploitant du camping au moins six mois avant la fin de l’annĂ©e contractuelle.
  • Si une caravane rĂ©sidentielle est vendue Ă  titre privĂ©, l’exploitant du camping ne peut pas subordonner la conclusion d’un contrat de location d’un emplacement avec l’acheteur de la caravane rĂ©sidentielle Ă  une contribution financière ou exiger que la vente ne se fasse que par son intermĂ©diaire.
  • Toutefois, si le propriĂ©taire d’une caravane rĂ©sidentielle convient avec l’exploitant du camping que la vente de la caravane rĂ©sidentielle peut se faire par l’intermĂ©diaire de l’exploitant du camping, un contrat Ă©crit doit ĂŞtre Ă©tabli, stipulant une compensation raisonnable pour les frais encourus et le temps investi.
  • Très important : bien que les contrats soient d’une durĂ©e d’un an, le renouvellement est automatique et ne peut ĂŞtre refusĂ© par l’exploitant du camping sans raison valable. Les raisons valables possibles sont Ă©numĂ©rĂ©es dans le contrat (par exemple, le non-respect, mĂŞme après un avertissement Ă©crit, du règlement du camping ou: la caravane en si mauvais Ă©tat, malgrĂ© un avertissement Ă©crit, qu’il nuit Ă  l’image du site et des environs immĂ©diats »).
  • Le propriĂ©taire de la caravane dispose de droits minimaux si l’exploitant du camping souhaite effectuer des travaux de restructuration (par exemple, des travaux de rĂ©novation). L’exploitant du camping veille, dans la mesure du possible, Ă  ce que le locataire d’emplacement ne soit pas dĂ©rangĂ© dans ses loisirs par des travaux prĂ©paratoires pendant la pĂ©riode prĂ©cĂ©dant le dĂ©but de la rĂ©novation.
  • Si, en raison de ces travaux, le bail de l’emplacement doit ĂŞtre rĂ©siliĂ©, un dĂ©lai de prĂ©avis d’un an s’applique.
  • En cas de restructuration, par laquelle l’exploitant du camping met fin Ă  la convention, l’exploitant du camping est tenu de proposer au locataire d’emplacement, si possible, un emplacement (au moins Ă©quivalent) sur le site, sauf si, compte tenu de l’âge de la caravane et/ou de son Ă©tat, la caravane n’a plus sa place sur le site.
  • Si un emplacement minimum Ă©quivalent n’est pas disponible sur le site, le propriĂ©taire de la caravane rĂ©sidentielle a droit Ă  une indemnisation pour les frais de rĂ©installation. Les frais de dĂ©placement de l’emplacement vers la zone hors site sont Ă  la charge de l’exploitant du camping.
  • Autre Ă©lĂ©ment très important : les litiges entre les propriĂ©taires de camping et les propriĂ©taires de caravanes peuvent ĂŞtre soumis Ă  un comitĂ© mixte des litiges dans lequel, outre RECRON, l’ANWB et l’Association des consommateurs ont Ă©galement un siège. Les deux parties sont liĂ©es par les verdicts de la commission des litiges.
  • Si le propriĂ©taire de la caravane conteste la rĂ©siliation du contrat par l’exploitant du terrain de camping et qu’il a soumis le litige Ă  la commission des litiges dans les dĂ©lais, l’exploitant du camping ne peut libĂ©rer les lieux avant que la commission des litiges ne se soit prononcĂ©e.
  • Enfin, il existe une « garantie de bonne exĂ©cution ». RECRON reprendra l’obligation de l’exploitant du camping – s’il est membre de RECRON – qui lui a Ă©tĂ© imposĂ©e par une dĂ©cision de la commission des litiges, au cas oĂą cet exploitant ne se serait pas conformĂ© Ă  cette dĂ©cision dans le dĂ©lai imparti.

Conclusion : les contrats types nĂ©erlandais offrent aux propriĂ©taires de caravanes rĂ©sidentielles une protection au moins minimale contre les abus et l’arbitraire vis-Ă -vis des exploitants de camping auxquels ils louent un emplacement.

IdĂ©alement, des contrats types Ă©quilibrĂ©s devraient Ă©galement ĂŞtre nĂ©gociĂ©s en Belgique entre les associations d’exploitants de campings, les associations de rĂ©sidences secondaires et un tiers tel que Touring ou VAB. TWERES veut entrer en contact avec RECREAD Ă  ce sujet. Dans le mĂŞme temps, TWERES demande Ă©galement au gouvernement de fournir une meilleure protection juridique aux propriĂ©taires de caravanes.

Un an après: notre lettre du 11 novembre 2020 ( !) au SecrĂ©taire d’Etat Eva De Bleeker sur les problèmes des propriĂ©taires de caravanes rĂ©sidentielles sur des terrains de camping en Belgique

Il y a un an, TWERES a envoyĂ© la lettre suivante au secrĂ©taire d’État Eva De Bleeker, chargĂ©e de la protection des consommateurs au sein du gouvernement fĂ©dĂ©ral. Douze mois plus tard, nous attendons toujours une rĂ©ponse Ă  notre demande.

« Madame la SecrĂ©taire d’Etat,

Je vous contacte en tant qu’administrateur de l’association Ă  but non lucratif « TWERES ». Cette association a Ă©tĂ© fondĂ©e en juillet 2020 et dĂ©fend les intĂ©rĂŞts des propriĂ©taires occupants d’une seconde rĂ©sidence en Belgique. Sa crĂ©ation est une consĂ©quence de la protestation de ce groupe contre le maintien de l’interdiction de se rendre Ă  la seconde rĂ©sidence Ă  la fin du premier confinement suite Ă  la première vague de la crise corona en mai 2020. Je vous renvoie au site de notre association https://tweres.be pour plus de dĂ©tails sur notre association.

La raison pour laquelle je vous Ă©cris est liĂ©e Ă  votre compĂ©tence en matière de protection des consommateurs. Les consommateurs que nous reprĂ©sentons sont des propriĂ©taires-occupants de mobil-homes, de chalets ou de bungalows dans des parcs de vacances et des campings. Il s’agit d’un groupe très important de familles, non seulement dans les campings ou les parcs de vacances des communes cĂ´tières, mais aussi dans d’autres rĂ©gions touristiques comme les Ardennes, la Campine ou la vallĂ©e de la Meuse limbourgeoise.

Avec notre jeune association, nous avons dĂ©tectĂ© assez rapidement que ce groupe de familles se trouve dans une situation de quasi non-droit vis-Ă -vis des exploitants de parcs de vacances et de campings. La lĂ©gislation, la jurisprudence, mais plus encore les contrats que ces personnes signent, partent toujours du principe qu’elles sont des « campeurs ».

Dans la pratique, cependant, ces « campeurs » sont propriĂ©taires d’un bien pour lequel ils dĂ©pensent des sommes comprises entre 20 000 et 200 000 euros et dans lequel ils continuent Ă  investir mĂŞme après l’achat. Cependant, en tant que « campeurs », ils louent un « emplacement » dans un parc de vacances ou un camping sur une base annuelle.

Les contrats de location sont adaptĂ©s Ă  volontĂ© par les exploitants de campings et de parcs de vacances. En outre, ces exploitants dĂ©cident Ă©galement de manière alĂ©atoire de la fermeture de leur camping ou parc de vacances, de sorte que le mobil-home ou le chalet n’est plus Ă  la disposition de son propriĂ©taire.

De nombreuses choses sont Ă©galement rĂ©glĂ©es « verbalement » par les exploitants, et des paiements en espèces sont frĂ©quemment exigĂ©s, de sorte que nos membres ne disposent d’aucune preuve documentaire pour dĂ©noncer les abus. En outre, il existe de nombreuses autres aberrations que nous avons dĂ©couvertes en peu de temps dans ce domaine.

La logique juridique actuelle repose toujours sur la qualification de ces propriĂ©taires de « campeurs ». Cela signifie qu’ils sont obligĂ©s d’accepter toutes les conditions imposĂ©es par les exploitants et que sinon, ils ne peuvent que retirer leur bien du parc ou du camping. En pratique, bien sĂ»r, une telle dĂ©marche est impossible. Contrairement au passĂ©, il ne s’agit plus de caravanes ou de tentes, mais d’unitĂ©s d’habitation souvent très coĂ»teuses, Ă©quipĂ©es de raccordements aux Ă©gouts, Ă  l’Ă©lectricitĂ©, Ă  l’eau, Ă  l’internet et autour desquelles il y a gĂ©nĂ©ralement aussi une terrasse et un jardin amĂ©nagĂ©.

En tant que directeur de TWERES, je veux faire un effort pour remĂ©dier Ă  ces conditions. C’est ici que nous avons besoin de votre aide. Plus prĂ©cisĂ©ment, nous pensons Ă  la protection juridique de ce groupe. Cette protection doit Ă©tablir un Ă©quilibre entre les droits des exploitants (en tant que propriĂ©taires du terrain et des installations collectives) et ceux des propriĂ©taires des rĂ©sidences mobiles ou des chalets situĂ©s sur ce terrain.

Êtes-vous ouvert à une discussion exploratoire sur ce sujet ? Compte tenu des mesures Corona, nous pourrions éventuellement organiser une réunion via « Zoom ».

Nous vous remercions par avance de l’attention que vous porterez Ă  cette question.

Avec mes sincères salutations

JD
Directeur TWERES”

 

Question Ă  propos de la vente d’un mobil-home : pourquoi l’exploitant du camping a-t-il automatiquement droit Ă  un pourcentage du prix de vente pour chaque vente de mobil-home ?

Les propriĂ©taires de mobil-homes, en application de leur contrat avec l’exploitant du camping, sont souvent obligĂ©s, lors de la vente de leur mobil-home (mĂŞme s’ils le vendent Ă  un autre propriĂ©taire du mĂŞme camping), de verser un pourcentage du prix de vente Ă  l’exploitant du camping. Si la vente a Ă©tĂ© rendue possible grâce Ă  la mĂ©diation du gestionnaire du camping, cela peut sembler justifiĂ©. Très souvent, cependant, l’exploitant du camping ne joue aucun rĂ´le dans la vente. Dans ce cas, cet arrangement ressemble fortement Ă  un enrichissement injustifiĂ©. Individuellement, les campeurs ne peuvent pas faire grand-chose Ă  ce sujet. Avec TWERES, toutefois, nous pouvons agir ensemble pour des modèles de contrats Ă©quilibrĂ©s. Les conditions RECRON pour les emplacements permanents qui ont Ă©tĂ© Ă©laborĂ©es pour les campings aux Pays-Bas en sont un exemple.

Difficile Ă  comprendre : Ă  partir du 21 mai, les gens Ă©taient autorisĂ©s Ă  retourner dans leur seconde rĂ©sidence en Belgique, mais pas si celle-ci se trouvait de l’autre cĂ´tĂ© de la frontière.

Lorsque le 21 mai 2020, sous la pression d’une procĂ©dure judiciaire menaçante, il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© Ă  la hâte en Belgique que les personnes pouvaient retourner dans leur seconde rĂ©sidence, ce fut un soulagement pour bon nombre. Après tout, personne ne comprenait pourquoi il Ă©tait autorisĂ© de faire du shopping sur le Meir Ă  Anvers ou dans la rue Neuve Ă  Bruxelles dès le 11 mai, alors que l’interdiction d’aller dans une rĂ©sidence secondaire restait en vigueur (Ă  l’origine, il avait mĂŞme Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© de maintenir l’interdiction « au moins » jusqu’au 8 juin !)

Au même moment, les campings et les parcs de vacances aux Pays-Bas étaient déjà ouverts depuis un certain temps. Les Néerlandais et les Allemands pouvaient se rendre sans entrave dans leur maison de vacances ou leur mobil-home aux Pays-Bas. Cependant, les Belges furent arrêtés à la frontière par la police belge. Cela a, à juste titre, provoqué des réactions furieuses :

  • « Je venais d’acheter une nouvelle caravane sur un terrain dans un camping aux Pays-Bas.
    Le camping est ouvert sous des conditions strictes, comme, par exemple, de disposer de sa propre toilette dans la caravane, de garder ses distances, etc. Les Allemands et les NĂ©erlandais sĂ©journent dĂ©jĂ  dans leur caravane mais en tant que Belge (et EuropĂ©en comme eux), je n’ai pas le droit d’y aller car je ne suis pas autorisĂ© Ă  franchir la frontière belge. EspĂ©rons que notre caravane est toujours lĂ  et n’a pas Ă©tĂ© cambriolĂ©e. En ce moment, les gens sont libres de se rendre dans un parc d’attractions ou Ă  faire du vĂ©lo avec 20 personnes, mais pas Ă  traverser la frontière. Nous sommes enfin autorisĂ©s Ă  visiter la deuxième rĂ©sidence, mais malheureusement uniquement si celle-ci se trouve en Belgique ».
  • « OĂą puis-je ĂŞtre plus en sĂ©curitĂ© en cas de contamination corona que dans ma seconde rĂ©sidence en ZĂ©lande, juste de l’autre cĂ´tĂ© de la frontière belge ».
  • « J’ai achetĂ© un mobil-home en Hollande. Depuis la fin du mois de fĂ©vrier, tout y est enfin connectĂ© mais nous n’avons pas le droit d’y aller ».
  • « Le gouvernement belge ne nous laissera pas retourner Ă  notre mobil-home en ZĂ©lande. Nous avons une autorisation Ă©crite du camping selon laquelle nous pouvions dĂ©jĂ  y retourner Ă  partir du 1er mai 2020. La politique belge ne nous le permet tout simplement pas. Les mĂŞmes compatriotes ayant une deuxième rĂ©sidence sont aujourd’hui autorisĂ©s Ă  rejoindre leur seconde rĂ©sidence en Belgique, mais pas si celle-ci se trouve 10 km de l’autre cĂ´tĂ© de la frontière. Aidez-nous, s’il vous plaĂ®t ! »